La communication politique vue par Franck Louvrier

Le 10 janvier 2017 a eu lieu à Poitiers un dîner Presse Com organisé par RéseauCom 86, en partenariat avec Le Club de la Presse 86. Pour l’occasion, Franck Louvrier – dirigeant de Publicis Events et chargé de communication à l’Élysée sous le mandat de Nicolas Sarkozy – est intervenu sur le sujet de la communication politique.

 

Franck Louvrier : mi-communicant, mi-homme politique

 

Diplômé en droit et sciences politiques à l’Université de Nantes et de l’Ecole Supérieure de Gestion de Paris, il commence sa carrière de communicant politique en 1995 lorsqu’il intègre le cabinet d’Elisabeth Hubert au Ministère de la Santé. Quatre ans plus tard, il devient chef de cabinet de la Mairie de Neuilly aux côtés de Nicolas Sarkozy, qu’il suivra par la suite dans différents ministères jusqu’à l’Élysée en 2007. Il y dirige alors trois services : le service de presse, le service internet et le service audiovisuel du gouvernement.

 

En 2012, le mandat présidentiel de Nicolas Sarkozy prend fin. Franck Louvrier décide alors de changer de secteur et est nommé Président de l’agence Publicis Events. Il décrochera ensuite rapidement le titre de Vice-Président de Publicis Consultants un an plus tard.

 

Les nombreuses années passées aux côtés de personnalités politiques ont encouragé le communicant à lui aussi s’engager. En parallèle de sa position chez Publicis, il se lance donc dans la politique. Il cumule actuellement les rôles de conseiller municipal de la Baule Escoublac et conseiller régional des Pays de la Loire.

 

Communication politique vs communication d’entreprise

 

“Vivons heureux, vivons cachés”.

Il y a quelques années cet adage était, selon  Franck Louvrier, très représentatif de la façon de penser des communicants d’entreprises. Aujourd’hui, les frontières médiatiques ont explosé et ne peuvent plus être considérées de la même façon. Il ne faut plus attendre de savoir si une information va un jour être découverte…mais plutôt anticiper quand elle va se savoir.

 

À une diffusion de plus en plus rapide de l’information, s’ajoute une pression supplémentaire et une concurrence croissante entre les médias. Cette course à l’information est d’autant plus vive depuis que les réseaux sociaux ont pris une place considérable dans nos façons de communiquer et notre quotidien.

 

Le communicant politique face à de nouveaux enjeux

 

De plus en plus, les tendances sont au « fast-talking » est de moins en moins dans le « fact-checking ». Les informations circulent à toute vitesse, pas toujours avec une preuve de leur véracité. Cette notion de rapidité bouleverse considérablement le quotidien du communicant. Celui-ci doit s’adapter en permanence à cette vélocité, conséquence de l’utilisation croissante des médias sociaux.

 

Franck Louvrier souligne également un nouveau comportement des citoyens. Aujourd’hui, l’électeur est instable et imprévisible. On observe un zapping permanent de son opinion. Ce changement constant est devenu une réalité telle que les instituts de sondage font face à la difficulté d’intégrer cette volatilité dans leurs pratiques. Les dernières élections présidentielles américaines ou encore plus récemment les primaires de la droite le prouvent encore une fois.

 

L’homme politique : bon ou mauvais communicant ?

 

Il est difficile aujourd’hui d’imaginer une campagne ou un mandat sans communication, et ce notamment depuis l’arrivée des réseaux sociaux. On a peine à croire qu’il y a encore quelques années, une interview télévisée représentait une réelle épreuve pour un politique. Le training média est dorénavant indispensable, et ce dès le début de la carrière des politiques.

À l’heure du numérique, une communication mal maîtrisée peut faire pencher la balance du mauvais côté et jouer en la défaveur du candidat. L’homme politique se doit d’être bon communicant et “s’il ne l’est pas, il faut qu’il en prenne des bons”.

 



Léana CHARPENTIER – Juliette LE DERFF

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